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Le banquet
pour le fils
28e
dimanche du Temps ordinaire
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Interpréter Évangile Après la parabole des vignerons assassins, Mathieu écrit que « les chefs des prêtres et les pharisiens comprirent qu’il parlait d’eux et ils cherchaient à l’arrêter ». Le pouvoir arrogant ne connaît pas la vérité, il préfère fermer la bouche de celui qui la proclame. Dans cette tentative extrême pour ouvrir leurs yeux, Jésus insiste avec la parabole du banquet, en empruntant encore une fois les images du prophète Isaïe, cette portion des Écritures que les chefs religieux honoraient tant. L’amour de Dieu est comparé à un festin où tous sont invités. Seuls ceux qui ne veulent pas entrer restent dehors. L’allusion aux prophètes qui n’ont pas été écoutés et qui ont été mis à mort est claire; il s’agit des serviteurs maltraités et tués. La réaction violente du roi de la parabole ne doit pas être appliquée matériellement à Dieu. Elle est plutôt en relation avec la destruction de Jérusalem après quoi l’invitation de Dieu, à travers la prédication des apôtres, s’adresse à tous les peuples, y compris ceux que les observants fanatiques de la loi considéraient comme impurs (= bons et mauvais). Les invités aux croisées des chemins ne pouvaient certainement pas porter le vêtement de noce. La parabole n’a pas ces préoccupations de logique. Le but de cette finale (absente chez Luc, cf. 14, 16) est simplement de rappeler que l’accueil de l’invitation comporte une réponse cohérente qui est exprimée à travers le langage symbolique du vêtement, langage souvent utilisé dans la Bible pour indiquer un style de vie concrète, une manière d’être et d’agir (cf. Ep 6, 14; 1 Th 5, 8; Ap 19, 8). Première lecture et psaume Isaïe pouvait-il trouver une image plus éloquente pour annoncer la pleine réalisation des promesses de Dieu? « Un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés ». Un festin aux dimensions eschatologiques (= qui annonce le plein accomplissement au-delà du temps et de l’espace), qui a lieu là où la mort sera éliminée pour toujours et auquel tous les peuples de la terre sont invités, et accueillis.
Cette annonce sera scellée par la voix même du Fils de Dieu, fils du premier
Israël d’où vient le salut universel (cf. récit évangélique d’aujourd’hui),
et elle retentira sur toute la terre à travers la voix des apôtres. Deuxième lecture
Saint Paul est en mesure de déposer devant les chrétiens de Philippes
son témoignage de fidélité courageuse au Christ et à son Évangile.Il
n’a pas lâché prise devant la prison et la persécution. C’est ce témoignage
qui donne du prix à ses paroles, témoignage impossible sans la force qui
vient de Dieu. Annoncer
Il ne suffit pas d’être appelés; il faut répondre : « Au Baptême, nous
avons été appelés à former un seul corps. L’Eucharistie réalise cet appel
» (CCC 1396). Enseigner Dans sa phase terrestre, le Royaume de Dieu, comme le champ où croît la bonne et la mauvaise herbe, comme le filet qui retient les bons et les mauvais poissons, n’est pas une assemblée de parfaits.Chaque communauté chrétienne doit se résigner à vivre avec les incohérences de sa propre faiblesse, de l’inévitable fragilité humaine. Cela ne signifie pas que nous devions faire de la médiocrité une habitude, un idéal.
Les propositions doivent toujours être sérieuses et élevées. La communauté
chrétienne est telle parce que toujours en état de conversion.
« La multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux
». Cette affirmation n’a pas pour but de satisfaire la curiosité sur le
nombre des sauvés. Elle appartient plutôt au genre apocalyptique qui,
avec des images extrêmes, veut solliciter une réponse courageuse et responsable. Introduire au mystère
Tout en étant d’une grande richesse symbolique, la remise du vêtement
blanc au Baptême a surtout une valeur eschatologique et nuptiale : c’est
l’invitation au banquet nuptial éternel où les bienheureux portent des
vêtements blancs lavés dans le sang de l’Agneau (cf. Ap 7, 14) et l’Épouse
(= l’Église des bienheureux) porte un vêtement « d’un lin resplendissant
et pur » (Ap 19, 8), c’est-à-dire un vêtement blanc. |